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Préparer une randonnée respectueuse de la nature : repenser chaque choix

Marcher en pleine nature, c’est plonger dans un monde vivant et fragile à la fois. Chaque pas, chaque pause, chaque pique-nique laisse une trace, parfois visible, parfois invisible. À chaque sortie, il est possible de réduire son impact, simplement en choisissant avec soin ce que l’on emmène dans son sac. L’éco-responsabilité commence dès la maison, devant la carte et la liste des affaires à préparer.

Qu’est-ce qu’un produit de randonnée “écologique” ?

Un produit pour la randonnée peut être qualifié d’écologique s’il respecte au mieux l’environnement, de sa fabrication à sa fin de vie. Cela implique :

  • Des matériaux recyclés ou renouvelables ;
  • Une conception durable, pour une longue utilisation ;
  • Un impact limité sur les écosystèmes pendant son usage (non toxique pour la faune, la flore et les sols) ;
  • Un emballage réduit et/ou recyclable.

Selon l’ADEME, 85 % des Français disent prêter attention à l’impact écologique de leurs achats (baromètre 2023), mais ils n’appliquent pas toujours cette vigilance à l’équipement sportif. Pourtant, chaque achat oriente le marché : entre 2019 et 2023, les textiles outdoor conçus à partir de fibres recyclées ont progressé de 24 % en Europe (European Outdoor Group).

Vêtements, chaussures et accessoires : quelles matières et quels labels favoriser ?

Textiles : privilégier le recyclé, le local, le certifié

  • Matières recyclées : Polyester ou nylon issus du recyclage (bouteilles, filets de pêche). Exemple : Patagonia affirme avoir recyclé plus de 20 000 tonnes de déchets plastiques pour ses vêtements (Rapport environnemental Patagonia, 2022).
  • Coton biologique : Moins d’eau, pas de pesticides, meilleur pour la peau et la nature. Attention cependant au greenwashing : un label GOTS (Global Organic Textile Standard) ou Oeko-Tex garantit la traçabilité.
  • Laine mérinos certifiée : Biodégradable, naturellement thermorégulatrice, la laine peut être certifiée ZQ ou RWS (Responsible Wool Standard) pour le bien-être animal.

Chaussures : durables et réparables avant tout

  • Sneakers ou chaussures de rando à base de matériaux recyclés : Adidas s’est par exemple associé à Parley for the Oceans pour créer des chaussures à partir de plastique océanique.
  • Semelles Vibram EcoStep : Issues de 30 % de caoutchouc recyclé, elles offrent une alternative à la disparition lente du caoutchouc naturel.
  • Possibilité de ressemelage : Privilégier des modèles ressemelables prolonge leur durée de vie de plusieurs années – La Sportiva ou Meindl, par exemple, proposent ce service.

Sac à dos écolo : quelles marques et matériaux privilégier ?

Impossible d’imaginer une randonnée sans un bon sac. Pour choisir écolo :

  • Sacs en polyester ou nylon recyclé. Par exemple, la marque Vaude utilise du PET recyclé et est certifiée “Green Shape”.
  • Minimalisme : choisir un sac adapté à sa morphologie et sa pratique, ni trop grand ni surchargé. Emporter moins, c’est alléger son empreinte carbone : 1 kg de matériel économisé, c’est près de 15 à 20 kg de CO₂ non émis dans la logistique sur la durée de vie d’un sac (European Outdoor Group, rapport 2021).

Bouteille ou gourde : adieu au plastique à usage unique

Saviez-vous qu’une gourde en inox remplace environ 167 bouteilles plastique/an (source : Reporterre) pour un usage quotidien ? Inox, acier émaillé ou tritan sans BPA : les choix sont nombreux.

  • Les modèles isothermes gardent l’eau fraîche (ou chaude) des heures, et ne relarguent aucune substance nocive.
  • Pour les longues sorties, compléter avec une paille filtrante (ex : Lifestraw, capable de filtrer 4000 litres d’eau).

Pique-nique zéro déchet, c’est possible

À l’heure du déjeuner, réduire ses emballages est un geste clé : chaque année, 100 000 tonnes de déchets plastiques issus des pique-niques finissent dans la nature européenne (source : European Environmental Agency). Voici ce qu’il faut privilégier :

  • Bocaux réutilisables, wraps lavables en cire d’abeille : Ils remplacent efficacement plastique et alu.
  • Boîtes alimentaires en inox léger : solides et plus saines que le plastique.
  • Vaisselle en bambou ou bioplastique certifié : biodégradable à long terme, surtout pour les couverts ou gobelets.
  • Sacs à déchets légers : rapporter tout ce qui a été amené, y compris les biodéchets (qui n’ont pas toujours leur place dans le sol forestier).

Trousse de toilette et hygiène : alliés naturels pour la nature

  • Savons et shampoings solides bio : évitent les contenants plastiques, plus de 80 % des gels de douche conventionnels contiennent des microplastiques (Plastic Soup Foundation).
  • Brosse à dents en bambou : 3,6 milliards de brosses jetées chaque année, la bambou biodégradable limite la casse (source : National Geographic).
  • Crèmes solaires minérales sans nanoparticules : Protéger sa peau, oui, mais aussi la rivière ou l’étang où l’on trempe les pieds. Les crèmes contenant de l’oxyde de zinc non nano protègent les coraux et la faune aquatique (IFREMER).
  • Mouchoirs et lingettes lavables : Un geste discret, mais qui, multiplié, change la donne. Pour info, une lingette jetable met plus de 100 ans à se dégrader dans la nature (GoodPlanet Foundation).

Cartographie, orientation : privilégier l’électronique durable

  • Appareils rechargeables : GPS, lampes frontales et power banks à batterie lithium longue durée ou à recharge solaire. On estime qu’un chargeur solaire basique permet d’éviter l’achat de 20 à 40 piles par année de randonnée.
  • Cartes papiers FSC : L’IGN propose désormais une gamme de cartes imprimées sur papier issu de forêts gérées durablement – un petit geste qui compte.

Produits techniques écologiques : l’incontournable du bivouac

  • Réchauds à bioéthanol ou alcool solide : Moins polluants en fabrication et usage que le gaz, surtout pour les petites quantités. Les tablettes Esbit sont par exemple biodégradables.
  • Tentes en polyester recyclé : Vaude, MSR ou Ferrino proposent des modèles labellisés.
  • Matelas autogonflants en mousse recyclée : Ex : Therm-a-Rest propose désormais des modèles dans cette gamme.

Astuce ultime : réparer au lieu de remplacer !

La durée de vie de chaque équipement est le meilleur geste pour la planète. Un sac à dos réparé, un vêtement recousu, c’est 25 kg de CO₂ évités en moyenne par an et par randonneur européen (ADEME). De plus en plus de marques proposent des kits de réparation ou des ateliers partenaires (voir Patagonia, Decathlon, Vaude).

  • Patches en tissu recyclé pour réparer sur le terrain
  • Colles naturelles ou bio pour semelles ou coutures
  • Service après-vente : n’hésitez pas à solliciter les marques engagées. Cela prolonge la garantie et l’utilité du matériel.

Randonner vert, c’est plus qu’une mode : c’est participer à la préservation

Chaque geste compte, surtout au grand air : la nature, si généreuse, a besoin de nos choix éclairés pour rester belle et accessible. Privilégier l’équipement durable, la réparation plutôt que le jetable, la réduction des déchets et le choix des matières, c’est donner une chance à la biodiversité de l’Eure-et-Loir et d’autres lieux magiques de France de continuer à vibrer. Et si la prochaine fois, vous partiez avec un sac un peu plus léger… et des souvenirs encore plus nets ? La randonnée responsable, c’est aussi une façon de marcher plus libres, et de laisser derrière soi plus que des traces : un exemple à suivre, pour des générations d’amoureux de nature.