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Pourquoi viser moins de plastique sur les sentiers ?

La randonnée incarne la communion avec la nature. Pourtant, chaque année, près de 8 millions de tonnes de plastique finissent dans les océans selon le WWF, une part importante provenant d'activités de plein air. Un simple emballage abandonné ou une gourde jetable oubliée ont des conséquences durables sur les sentiers et la faune. Diminuer le plastique dans son équipement revient à protéger la beauté sauvage qui nous appelle à sortir. Mais ce n'est pas seulement un geste symbolique : c’est un véritable changement de cap, accessible à tous.

Identifier le plastique dans son équipement de randonnée

Le plastique se glisse partout dans nos sacs à dos. Même les randonneurs les plus attentifs sont rarement épargnés. Voici les principales sources courantes :

  • Bouteilles et gourdes jetables
  • Emballages alimentaires (barres énergétiques, sachets individuels)
  • Sacs poubelle ou sacs congélation
  • Vêtements en fibres synthétiques (polyester, nylon…)
  • Accessoires divers : couverts, gobelets, protections de matériel…

Une étude menée par l’association Surfrider révèle que les emballages plastiques alimentaires et bouteilles représentent 70 % des déchets retrouvés sur les sentiers côtiers français. Cela donne la mesure du défi, mais aussi du potentiel de changement.

Des alternatives concrètes aux classiques en plastique

1. Boire sans polluer : bouteilles, filtres et gourdes durables

Oublier la petite bouteille en PET, c’est déjà un réflexe pour beaucoup, mais il reste du chemin à parcourir ! Les meilleures options :

  • Gourde en inox : Robuste, non poreuse, recyclable à l’infini. C’est le choix plébiscité par l’association Mountain Wilderness.
    • Conseil terrain : un modèle isotherme garde l’eau fraîche (ou le thé chaud !) plusieurs heures.
  • Filtre à eau portable : Plutôt que de transporter de multiples gourdes, un filtre robuste (type LifeStraw ou Sawyer) permet de s’approvisionner au fil de la marche sans laisser de traces… et sans plastique jetable.
  • Poches à eau en TPU (polyuréthane thermoplastique) : Encore du plastique, certes, mais ce matériau est plus résistant, sans substances toxiques ajoutées, et souvent réutilisable plusieurs années.

2. Emporter son repas sans emballages jetables

  • Bocaux en verre : Pas très léger, mais parfait pour les randonnées à la journée. Zéro odeur, zéro déchet.
  • Boîtes alimentaires en inox ou en bambou : Résistantes, non poreuses, faciles à laver.
  • Couverts réutilisables en bois, bambou ou titane : Exit les sets jetables, place à l’élégance et la résistance.
  • Bee Wraps ou films alimentaires réutilisables : Pour emballer sandwiches ou gâteaux sans film plastique ! Fabriqués avec de la cire d’abeille, coton et résine naturelle.

Selon Zero Waste France, un randonneur utilisant systématiquement une gourde et sa boîte alimentaire évite en moyenne 2 kg de déchets plastiques par an, juste pour ses sorties outdoor.

3. Protéger son équipement sans plastique jetable

  • Les sacs à vrac en tissu remplacent avantageusement les sacs congélation ou plastique, pour transporter le goûter ou protéger un appareil.
  • Pochettes imperméables en tissu recyclé (tissu de parapente, bâches upcyclées…) : Plusieurs marques françaises, dont Les Petites Choses, proposent ces alternatives, robustes et stylées.

Question vêtements : entre innovation et vigilance

Difficile de randonner sans petites touches de polyester ou d’élasthanne. Mais consommer moins, consommer mieux reste la clé :

  • Fibres naturelles : laine, coton bio, lin. La laine mérinos notamment, prend du galon chez les marcheurs pour ses qualités thermorégulatrices et sa durabilité. D'après Que Choisir (source), elle limite aussi les odeurs : moins de lavages, moins de pollution de l’eau.
  • Upcycling et seconde main : Le meilleur vêtement reste celui qu’on ne produit pas. Passer par des plateformes type Trocathlon, ou des boutiques spécialisées locales.
  • Laver avec un filet capture-microplastiques : Même les vêtements techniques libèrent des fibres plastiques lors du lavage. Un sac type Guppyfriend capture jusqu’à 80 % des microfibres selon une étude de l’université de Hambourg.

Les produits d’hygiène sans plastique : prendre soin de soi et de la nature

  • Savon solide (dans une boîte métallique) et shampoing solide : plus légers et meilleur pour l’environnement, tout en évitant tube et flacon.
  • Brosse à dents en bambou ou compostable : Moderne, légère, compostable en fin de vie.
  • Cotons et lingettes lavables : Pratiques, hygiéniques, et tellement plus écolos que le jetable.

L’association Slow Cosmétique estime qu’adopter une routine “solide” pour une randonnée d’une semaine évite déjà une demi-douzaine d’emballages plastiques.

Encadrer ses déchets et ramener plus que ses propres détritus

Il est inévitable, malgré tous nos efforts, de générer un peu de déchet. Mais là encore, des solutions existent :

  1. Prévoir un sac à déchets réutilisable : Sac filets lavables ou étanche, dédié à la collecte de vos emballages. Bonus : pourquoi ne pas en profiter pour ramasser les déchets croisés en route ? L’association Gestes Propres estime qu’un randonneur sur trois en ramasse déjà lors de ses balades.
  2. Organiser une micro “clean walk” lors d’une randonnée en groupe : Un geste à la portée de tous, pour donner le bon exemple.

Tableau récapitulatif : alternatives clés au plastique en randonnée

Équipement classique Alternative sans plastique Durabilité
Bouteille d’eau jetable Gourde inox / filtre portable 10+ ans
Emballage plastique alimentaire Bee wraps / boîtes inox 3-10 ans
Sacs congélation Sacs tissu lavables 2-8 ans
Couverts plastique Couverts bambou / titane 5-15 ans
Flacons de gel douche, shampooing Savons solides / boîtes métal 1-3 ans (savons) / 10+ ans (boîte)

Adopter une nouvelle philosophie du matériel

Randonner léger, c’est alléger son sac mais aussi son impact. Opter pour des équipements durables et sans plastique transforme petit à petit sa relation à la nature. C’est repenser sa préparation, choisir des marques engagées (Picture Organic Clothing, Les Hirondelles, Patagonia…), et surtout, apprécier la simplicité d’un matériel qui traverse les années sans laisser de traces. Chaque geste compte, depuis la gourde jusqu’à la façon de s’alimenter sur les chemins.

Pour aller plus loin : lectures, ressources, inspirations

Les alternatives sont multiples et chaque marcheur a le pouvoir d’accentuer la tendance. Sur les sentiers de l’Eure-et-Loir ou ailleurs, choisir de randonner sans plastique, c’est s’offrir des horizons plus purs et soutenir une nature préservée. Sac à dos prêt, regard neuf, l’aventure n’en sera que plus belle.